Greffage

Vous buvez sans le savoir du vin américain (voilà pourquoi)

Cher lecteur, chère lectrice,

Je vous ai parlé dans une lettre précédente du Phylloxera, ce puceron terrible qui a failli mettre définitivement en péril le vin français.

Laissez-moi vous dire comment notre vin a survécu, pour notre plus grande joie. 

30 ans de lutte pour venir à bout du rebel

Nous sommes en 1887. Ça fait plus de 20 ans que l’insecte grignote les vignes et les pieds.

La bête est coriace.

Mais en France, sauver la vigne est un enjeu économique majeur.

Alors on tente tout :

  • On inonde les vignes. Ça fonctionne un peu dans le Languedoc où les plaines sont facilement inondables. Mais c’est impossible sur les coteaux.
  • Dans les propriétés les plus riches, on injecte du sulfure de carbone dans la terre. C’est hors de prix et seuls les grands crus peuvent se le permettre (c’est la raison pour laquelle la Romanée-Conti a en grande partie échappé au Phylloxera – ce qui explique qu’elle ne sera arrachée et replantée qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale).

Mais ailleurs on arrache à tour de bras.

Le monde paysan français est à bout. La révolte gronde.

La France perd ses ouvriers agricoles : en Bourgogne, certaines zones viticoles perdent jusqu’à 25% de leur population qui part travailler en ville.

Certaines familles vont s’installer en Algérie pour recréer leur domaine.

L’impact économique est immense.

Il faut trouver une solution.

Des mages, des escrocs, quelques illuminés proposent toutes sortes de remèdes sans succès.

L’État prend le relai et offre 300 000 francs – une fortune – à qui trouvera la parade.

On fait même résonner le tambour dans les vignes pour effrayer l’insecte…

Mais rien n’y fait. En vingt ans, la production de vin français est divisée par 3.

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Sources

[1] Jean-Paul Legros, « L’Invasion du vignoble par le Phylloxéra » [archive] [PDF], sur www.ac-sciences-lettres-montpellier.frAcadémie des sciences et lettres de Montpellier, 14 juin 1993.

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